Balade de Noël !


Hellooo !
Aujourd'hui, c'est accompagnée de mon chocolat chaud (on change un peu!) que j'écris cet article. ;-)
Pour les fêtes de Noël, ma ville a organisé plusieurs festivités dont un marché de Noël, la création d'un village provençal, un carrousel est même présent (pour les enfants hein! j'vous voir venir!), une crèche vivante mais elle propose également des spectacles accompagnés de contes, un bateau s'est imposé sur la place du centre-ville accompagné de pirates!
Et bien sûr, les fameuses
promenades en calèche et le père Noël qui se promène dans la ville ! ;-)

Ce matin, mon papa est venu nous faire un petit coucou et nous avons été surpris de voir une calèche qui passait dans la rue! Et c'est là que Monsieur Lily m'a reparlé de ce que notre ville organisait.
Du coup, nous avons eu envie avec Monsieur Lily d'y faire un tour afin d'emmener mini Lily et de lui faire découvrir tout cela malgré son très jeune âge (bientôt 9 mois).
Malheureusement pour nous, le marché de Noël n'était pas encore en place mais nous avons pu y voir le carrousel (petit, mais c'est toujours sympa d'en avoir un, déjà!) et le père Noël ! Mais ce dernier était caché dans une mini cabane (à 3 euros la photo sombre par un faux photographe, non merci) du coup j'ai réussi à prendre une photo de lui à l'extérieur sans personne devant l'objectif!
Et toc c'était gratuit, t'auras pas un sou toi!                                                      
Il y avait l'énooorme bateau-pirate, qui est effectivement imposant! Les enfants peuvent monter dedans afin d'écouter les histoires des pirates, ils avaient même droit à du chocolat chaud! J'étais jalouse, d'où mon chocolat chaud une fois rentrée, na !
Et puis en marchant un peu plus, nous avons découvert des animaux... Je ne m'y attendais pas, du coup j'ai supposé que cela avait un rapport avec la crèche : Une vache, des chèvres, des ânes, des lapins et une oie parmi des poules et des coqs... J'ai trouvé l'idée mignonne, les enfants sont toujours attendris et les parents peuvent faire une pause douceur. (parce qu'un pirate c'est doux peut-être !?) ;-)
Nous avons terminé par la crèche vivante, où seules trois personnes étaient assises sous un minuscule préau. Heureusement qu'ils avaient leurs costumes, sinon j'aurai juste cru que c'était des passants qui se reposaient.
Pas terrible, cette crèche, en vrai.

Mini Lily a vu les animaux sans être spécialement intéressée, pareil pour le bateau et alors le père Noël, il était encore plus caché dans sa cabane qu'avec sa barbe du coup elle n'a pas eu le temps de pleurer en le voyant celui-là !

Nous avons continué et terminé cette balade, au calme et loin de la place où les festivités de Noël se trouvaient, tous les trois.
Un samedi après-midi plus que plaisant, il faisait froid et le vent était présent mais le soleil a fait une légère apparition. Un moment comme celui-ci nous fait vite oublier les mauvais côtés. ;-)

Et vous, qu'avez-vous fait aujourd'hui ou que comptez-vous faire de votre week-end ?



Lily se dévoile... #1


C'est accompagné de mon petit thé vanille-fraise (merci Pomme d'Ambre!) que je me décide de dévoiler une (grande) partie de moi. Cet article traîne depuis quelques jours, mais j'ai longuement hésité avant de le finaliser et de vous le partager...

Parlons handicap... Chez moi, il ne s'entend pas et ne se voit pas. Mais il est bien là, depuis mes 3 ans. Je suis accompagnée de deux autres comparses depuis ce même temps.
J'ai même fini par en remettre un en liberté, il y a 7 ans. Quand son copain sera fatigué, il viendra prendre la relève pour m'assurer un minimum de confort. ;-)



Je suis...malentendante! 
Ah oui, la surdité, un sujet relativement compliqué... "Mais si t'entends, t'es pas sourde?", la classique!

Je n'ai jamais aimé parler de "ça", bien que du haut de mes 27 ans j'ai fini par m'y habituer et à vivre avec.
C'est une partie de moi que parfois j'essaye d'oublier (en ne mettant qu'un seul appareil, par exemple), entre l'enfance où l'on vous rabâche sans cesse les mêmes phrases du style "mets-toi au premier rang à l'école", "fais un effort, les autres y arrivent", "tu es comme tout le monde", l'inquiètude (et pression) des parents qui se demandent si vous vous en sortirez dans votre vie, le harcèlement qui vise la surdité (la différence, ça fait peur, voyez-vous!) etc.

Aller au premier rang? Je n'avais pas le choix, limite forcée, forcément dès le début d'année (et c'était pareil à CHAQUE rentrée scolaire) j'étais vite vue comme celle qui était différente. Rien de mieux pour faire fuir les autres enfants que ça soit à 6 ans comme à 12 ans (qui a dit que puberté = maturité ?) qui avaient peur que je sois contagieuse. (attention, si j'arrête de t'écouter, tu vas perdre tes oreilles!)
Et finalement, cette histoire de premier rang n'a fait que renforcer ma différence auprès des autres enfants d'années en années : j'étais une enfant harcelée du fait de ma surdité. Toutes les réflexions passaient par mes appareils auditifs, mon handicap et finissaient par me toucher. Parce que c'était ce que j'étais : handicapée.

"Fais un effort", je ne faisais que ça à vrai dire. J'ai passé TOUTE ma vie, que je sois enfant, adolescente ou même adulte, je dois m'adapter sans cesse aux entendants. En soi, cela ne me dérange même plus : c'est devenu une habitude. Triste constat. Pour qu'on s'adapte à moi, à l'âge de 6 ans il fallait que j'aille dans une deuxième école en plus de celle dans laquelle j'allais déjà (les enfants finissent à 16h30 ??? je n'ai connu que les retours à la maison à 19h30 !).
A force d'effectuer ces allers-retours jusqu'à mes 17 ans, j'ai fini par cracher sur mon handicap. Je n'avais pas la vie sociale rêvée, je m'étais clairement fait voler mon adolescence. Mes mercredis après-midi étaient auprès de professeurs au lieu de mes amis, mes samedis étaient remplis de soutien scolaire (pas forcément nécessaire, mais je crois que ça rassurait mon père...). J'ai craqué. Pété un plomb. Littéralement.

J'ai décrété que je n'irai plus dans cette deuxième école, évidemment mon père ne l'entendait certainement pas de cette oreille (quel humour!) et tentait de me convaincre d'y aller encore et encore.
Résultat : après les cours, je me cachais dans ma ville, afin d'éviter que le chauffeur ne me récupère ni devant mon lycée, ni à la maison. Mon père ne comprennait pas mon mal-être, comme si mon handicap avait pris toute la place et que mon avis ne comptait pas "puisque de toute façon, c'était comme ça et pas autrement".
Forcément, les parties de cache-cache n'amusaient que moi. Et je m'en fichais, ça a fini par payer. Au bout d'un certain temps, professeurs et parents ont réalisé que j'avais pris ma décision. Que j'avais besoin d'être acceptée des autres. Ca n'a pas été une chose facile, mais j'ai fini par réussir à m'intégrer. J'ai fini par mettre des mots sur mes maux. J'ai fini par être comprise.

J'ai terminé ma scolarité comme je le souhaitais : en me sentant libre et intégrée grâce à la présence de mes amis. Je n'avais plus l'obligation d'être dans 2 écoles, je pouvais enfin être avec mes amis plutôt que d'être en tête à tête avec mon professeur. Ma vie a clairement changé! Mon planning était devenu léger. Sans contraites.

Et le fameux "tu es comme tout le monde !" Ah ? Quand cela arrange alors...
Je devais aller dans une deuxième école, la piscine n'était pas pour moi, les enfants avaient peur de moi, je porte des appareils auditifs mais JE SUIS COMME TOUT LE MONDE.
Bien sûr que je suis comme vous, deux yeux, deux bras, deux jambes... Mais un handicap en plus. ;-) Il faut juste être réaliste (et être tolérant).
Mais je me répète : je suis comme vous, différemment. Je fais les mêmes choses, différemment.

Aujourd'hui, quand les gens prennent connaissance de mon handicap, j'ai systématiquement ces 2 cas de figure qui se présentent :
  • Je dois faire face à ceux qui vont articuler exagérément, me prenant légèrement pour une abrutie,
  • Ou ceux qui vont crier au lieu d'hausser légèrement le ton de leur voix à ma demande parce qu'ils parlent dans leur moustache. (oui, les femmes ont AUSSI une moustache)
J'ai du mal à comprendre comment on peut adopter ce comportement alors qu'il a tout sauf l'air naturel. On sent bien que la personne en face n'est pas à l'aise, mais je laisse faire. Ça me fait rire, au final, dans ces situations je me dit que je ne suis pas celle qui a handicap et ça me rassure !


Au début de l'article, j'expliquais avoir deux comparses mais finalement seul un fait parti de l'aventure avec moi. Depuis mes 20 ans, j'ai décidé que je ne porterai qu'un seul appareil auditif sur les deux.
Pourquoi ? Tout simplement car j'ai (et j'aurai) toujours cette part de moi, qui souhaiterait que ce handicap n'existe pas. J'aimerai entendre à tous les coups, j'aimerai pouvoir répondre à tous les chuchotements, j'aimerai aller à la piscine ou à la mer en entendant parfaitement (sans avoir une petite boîte pour cacher mon précieux sans arrêt...), j'aimerai tellement de choses qui ne me sont pas possibles. Ils sont peu visibles (intra auriculaire) mais cela me laisse 1 chance sur 2 qu'on ne change pas subitement de comportement vis-à-vis de moi lorsqu'on aperçoit l'appareil...
Mon unique compagnon me suffit. Largement. Lorsque celui-ci sera fatigué et aura besoin de vacances, son jumeau prendra la relève. ;-)

Ceci dit, je vais terminer sur une note positive, parce que je ne déteste pas mon handicap, loin de là. Il fait parti de moi, pour toujours.

  • Être malentendante m'a permis de développer la lecture labiale (lire sur les lèvres), de suivre des conversations (taupe-secrètes) où je pouvais mettre des coups de pression ayant tout entendu (oui oui, j'ai fini par me rebeller à un moment-donné ahah).
  • Être malentendante m'a permis d'apprendre la langue des signes françaises, de faire connaissance avec d'autres sourds/malentendants et d'en découvrir beaucoup plus sur le monde des sourds, puisque j'ai passé le plus clair de mon temps auprès d'entendants.
  • Être malentendante me permet de partager une partie de ce que je suis à ma fille, mini Lily, en lui parlant en même temps que je signe. Et je continuerai, encore et encore. ;-)
  • Être malentendante ne m'a certainement pas empêchée d'avoir 2 diplômes en poche.

Si vous avez des questions : n'hésitez pas!
En réalité, écrire tout cela m'a fait un bien fou. De repenser à certains passages de ma vie, revoir certaines scènes parfois bonnes parfois tristes, c'était ce dont j'avais besoin, je crois. Tous ces souvenirs étaient enfouis et j'imagine que je les avais mis moi-même de côté pour ne plus y penser.